MFA CONTRE LE GÉNOCIDE


  • Nous appelons à un boycott individuel et institutionnel de la Bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain. Les fonds destinés à cette bourse proviennent en partie d'investissements dans des entreprises de cybersurveillance travaillant avec l'armée israélienne (IDF) (1).


  • Nous demandons à l'Université Concordia et à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) d'offrir aux étudiant.e.s diplômé.e.s des bourses et des opportunités d'avancement qui ne les impliquent pas auprès de fonds générés par des investissements liés au génocide d'Israël en cours en Palestine. 

  • Nous demandons que l'Université Concordia et l'UQAM continuent d'offrir, en tant qu'institutions, les avantages existants liés à ce prix, notamment une exposition, une conférence publique et des possibilités d'enseignement.

  • Nous demandons que le soutien professionnel de l'Université Concordia et de l'UQAM pour aider leurs étudiant.e.s diplômé.e.s en arts visuels à démarrer leurs carrières soit plus équitable et diversifié que par l'octroi d'un seul gros prix.



FAQ




POURQUOI BOYCOTTER LA BOURSE?

Depuis 2010, cette bourse est présentée comme « l'une des bourses les plus généreuses du Canada pour les artistes émergents. » (2) Toutefois, les fonds destinés à cette bourse sont collectés et administrés par la branche philanthropique de Claridge Inc, la société d'investissement privée de Stephen Bronfman basée à Montréal, investissant principalement dans des fonds publics et privés, des fonds spéculatifs, ainsi que dans l'immobilier et les technologies (3). En 2015, Claridge Inc. a ouvert une société parallèle à Tel Aviv. Axée sur les investissements israéliens, cette division « a été créée grâce à un partenariat entre Claridge Inc., le Stephen Bronfman Family Office et la Caisse de dépôt et placement du Québec, l'un des plus grands investisseurs institutionnels du Canada. ». (4)

Les investissements de Claridge en Israël sont axés sur le secteur technologique israélien. En 2018, Claridge a investi 30 millions de dollars américains en Israël auprès de Cyberbit Ltd., une entreprise spécialisée dans la cybersécurité et les techniques de guerre et l'espionnage, dont les Forces de défense israéliennes (IDF) sont l'un des principaux clients (5). Cyberbit a été fondée en 2015 en tant que filiale d'Elbit Systems Ltd. par un ancien officier des services de renseignement israéliens ayant passé plus de 15 ans dans l'armée israélienne (6). En 2017, Cyberbit a fait l'objet d'une enquête menée par le Citizen Lab de l'Université de Toronto. Le laboratoire de recherche a découvert que Cyberbit était impliquée dans le développement, la commercialisation et la vente de logiciels d'espionnage auprès de plusieurs gouvernements afin de surveiller les dissident.e.s politiques (7). Cyberbit affirme fièrement que ses produits ont « fait leurs preuves sur le terrain » (8), une affirmation reprise par Elbit Systems Ltd (9), qui fournit jusqu'à 85 % des drones de l'armée israélienne et 80 % de ses véhicules et équipements terrestres (10).  Elbit est le principal fournisseur de l'IDF et détient des parts minoritaires dans Cyberbit (11). 

Claridge Israel et Cyberbit ont des liens directs avec l'unité de cyber-renseignement « Unit 8200 » de l'armée israélienne, « responsable des opérations clandestines, de la collecte de renseignements par signaux, du décryptage de codes, du contre-espionnage, de la cyberguerre, du renseignement et de la surveillance militaire ».(12) En effet, l'associé directeur actuel de Claridge Israel, Rami Hadar (13), et le fondateur de Cyberbit, Adi Dar (14), sont tous deux d'anciens membres de cette unité.

De plus, les investissement de Claridge Israel incluent D-fend Solutions, compagnie contribuant au maintien du périmètre militarisé de l'occupation israélienne en fournissant au Ministère israélien de la Défense « un système autonome de lutte contre les drones, conçu pour les environnements urbains » (15, 16, 17, 18). D-fend Solutions est également employé par les départements américains de la Guerre et de la Sécurité intérieure (19). 

Cette initiative de boycott n'est pas une question de pureté morale ; nous pensons plutôt qu'il est important de travailler avec les informations dont nous disposons et de refuser de participer à l'artwashing (ou art-blanchiment) de l'occupation et du génocide par le biais de prix et d'expositions. Nous savons d'où vient cet argent, et nous ne pouvons donc pas nous permettre de l'accepter.



POURQUOI MAINTENANT ?

À l'heure actuelle, en raison des efforts combinés de l'État israélien, de ses alliés coloniaux et d'entreprises privées (telles que celles mentionnées ci-dessus), plus de 1,5 million de personnes souffrent de famine forcée et plus de 186 000 paslestinien.ne.s sont mort.e.s, sans compter les milliers d'autres portées disparues en Palestine (20). 

Nous appelons à boycotter dès maintenant la Bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain, car nous avons le pouvoir communautaire de le faire. En raison du succès de campagnes internationales et nationales menées par des artistes et des écrivain.e.s, nous savons que nous avons le pouvoir collectif nécessaire pour refuser toute complicité et forcer un changement dans la façon dont les arts sont financés (21, 22). 

Alors que la pression mondiale s'intensifie, on voit les grands investisseurs dans l'impossibilité d'ignorer les appels au désinvestissement en Israël. 

Par exemple, en août 2025, la Caisse de dépôt et placement du Québec a annoncé qu'elle était en train de vendre ses investissements (évalués entre 400 et 600 millions de dollars canadiens) placé auprès de Claridge Israel, la société partenaire de Claridge Inc. La Caisse a déclaré : « Nous sommes pleinement conscients que ce n'est pas le bon moment pour investir en Israël. » (23, 24, 25)

Quand même La Caisse de dépôt en vient à la conclusion qu'investir dans Claridge l'implique dans l'économie du génocide, nous pensons qu'il est dans l'intérêt de l'Université Concordia et de l'UQAM d'également mettre fin à leurs partenariats avec les entreprises de la famille Stephen Bronfman.



POURQUOI UN BOYCOTT ?  

En continuité avec les mouvements plus larges de boycott, de désinvestissement et de sanctions, nous appelons tous.tes les candidat.e.s potentiel.le.s, ancien.e.s bénéficiaires, ancien.e.s candidat.e.s, ancien.e.s étudiant.e.s, professeur.e.s, employé.e.s, membres de la communauté, et allié.e.s à s'engager à boycotter cette bourse et à refuser la normalisation de l'État génocidaire d'Israël, que cet argent implique. 

Les boycotts sont une méthode ciblée et efficace pour retirer le soutien aux institutions et aux entreprises afin de provoquer un changement social. Nous utilisons cette tactique telle que définie par le mouvement international Boycott, Divest, and Sanctions (BDS) mené par les Palestinien.e.s, qui s'est révélé extrêmement efficace depuis 2005 pour réduire le soutien à Israël alors que ce pays commet un génocide contre les Palestiniens (26). Le BDS s'inspire des boycotts culturels et économiques de l'Afrique du Sud, qui ont rendu de plus en plus difficile le fonctionnement de l'État d'apartheid. Le boycott a été levé lorsque les conditions violentes et injustes de l'apartheid ont pris fin en 1994 (27). 

Nous appelons à un boycott tant individuel qu'institutionnel : 

  • Candidat.e.s éligibles et futur.e.s candidat.e.s : rejoignez-nous pour boycotter la Bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain en refusant de postuler, de promouvoir ou d'être promu par la branche philanthropique de Claridge Inc. Nous refusons d'offrir notre art comme couverture pour le maintien de l'occupation coloniale et du génocide.
  • Administration et faculté des arts de l'Université Concordia et de l'UQAM : en offrant ce prix, nos institutions invisibilisent l'origine des fonds qui financent la bourse. Les professeur.e.s et le personnel peuvent se joindre au boycott en refusant de siéger sur le comité de sélection, en refusant de traiter les candidatures et en diffusant l'information sur notre boycott.



POURQUOI DEVRAIS-JE SIGNER LA DÉCLARATION DE BOYCOTT ? JE N'AI QU'À NE PAS POSTULER.

  • Un « boycott silencieux » n'a aucun impact sur l'institution, car vous ne rendez pas visible la raison pour laquelle vous ne participez pas. Cela revient à oublier la date limite. 
  • Les boycotts sont une action collective. Un boycott silencieux, dans lequel des candidat.e.s retirent leur soutien individuellement et sans campagne publique, n'a pas la même ampleur et ne peut donc pas exercer la pression nécessaire à un changement institutionnel. Nous boycottons ensemble afin de soutenir les actions de chacun.e. Nous souhaitons construire un mouvement qui se renouvellera jusqu'à ce que nos revendications soient respectées.



PUIS-JE SIMPLEMENT POSTULER ET FAIRE QUELQUE CHOSE SI JE GAGNE ?

Votre premier réflexe pourrait être de vous demander : « Pourquoi ne pas poser ma candidature et ensuite faire don d'une partie de l'argent ou formuler une déclaration en tant que lauréat.e du prix ? » La nature même de ce prix fait du boycott notre tactique la plus efficace, car : 
  • Le simple fait de recevoir ces fonds légitime leur origine. Les activités philanthropiques de la Fondation de la famille Claudine et Stephen Bronfman servent à blanchir leur réputation pour leurs liens étroits avec Claridge.
  • Même si le.la lauréat.e utilise l'argent pour une bonne cause ou produit une déclaration, l'institution détournera la situation pour démontré qu'elle permet à toutes les voix d'être entendues et qu'elle écoute « les deux parties ». Par conséquent, le.la lauréat.e sera tokenisé.e pour mieux normaliser et blanchir le soutien que l'institution apporte au génocide.
  • Préfèreriez-vous prendre position seul.e ou en tant que front commun?



VOUS N'ÊTES PAS SEUL.E À PRENDRE CETTE DÉCISION. QUE PEUT-ON RÉALISER ENSEMBLE ?

Vous n'êtes pas seul.e : ce boycott est soutenu par une communauté solide d'artistes, d'éducateur.ice.s et d'organismes qui défendent leurs convictions par des actions concrètes et refusent de contrinuer à l'artwashing du génocide.

Le boycott de la Bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain exercera une pression sur l'Université Concordia afin qu'elle se retire d'un partenaire complice du génocide. Nous exigeons que l'Université Concordia et l'UQAM continuent d'offrir les avantages liés à ce prix, notamment une exposition, une conférence publique et des possibilités d'enseignement, grâce à d'autres sources de financement.

Cette initiative se concentre sur un seul prix. Nous voulons exercer une pression soutenue sur nos universités (l'Université Concordia et l'UQAM), car en tant qu'étudiant.e.s, nous disposons d'un levier stratégique. Il ne s'agit pas du seul prix du domaine des arts qui soit financé par une institution complice dans ce génocide, ni de la seule manière dont nos universités se rendent complices de l'occupation et du génocide israélien. Mais c'est lorsque nous travaillons ensemble vers des objectifs collectifs spécifiques que notre impact est le plus fort. Et le boycott de ce prix est une occasion de faire bouger les choses. 

En rejoignant ce boycott, vous joindrez à un nombre grandissant d'artistes, de travailleur.euse.s culturel.le.s, d'universitaires et de membres de la communauté qui ont déjà fait entendre leur voix et exprimé leur soutien à la lutte contre l'occupation coloniale et génocidaire d'Israël.
  • Les signataires montréalais de la PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (28)) incluent : Ada X, articule, Atelier La Coulée, Céline Bureau, Centre Clark, Centre des arts actuels SKOL, Dazibao, Metonymy Press, Oboro, PME-ART, et Vidéographe.
  • Il y a deux ans, plus de 4000 artistes et travailleur.euse.s culturel.le.s canadien.ne.s ont signé une liettre publique en appui à la Palestine (29). 



À QUOI EST-CE QUE JE RENONCE EN ME JOIGNANT AU BOYCOTT ?

La participation au boycott correspond laisse passer une chance très mince d'obtenir du financement à court terme. Les diplômé.e.s ne devraient pas avoir à considérer ce prix comme l'une de leurs seules opportunités de subvenir à leurs besoins après des études supérieures et poursuivre une carrière artistique florissante et prospère. 

Depuis 2020, la bourse est attribuée chaque année à deux étudiant.e.s récemment diplômé.e.s ou en voie d'être diplômé.e.s. Un.e provenant de la Faculté de Fine Arts de Concordia et l'autre de la Faculté des arts de l'UQAM. Les lauréat.e.s sélectionné.e.s reçoivent chacun.e environ 40 000 $ par an, pendant deux ans. Bien que séduisante pour de nombreux.euses artistes émergent.e.s, cette rémunération soulève la question suivante : 

Vivre à Montréal pendant deux ans avec des revenus légèrement au-dessus du seuil de pauvreté vaut-il la peine si l'on s'expose à un dilemme moral et qu'on doit s'associer publiquement à des capitaux qui participent activement à la violence de l'occupation et la destruction de la Palestine par Israël?

La réputation de cette bourse comme « impossible à refuser » correspond bien au contexte actuel de sous-financement et de coupes budgétaires dans les arts, ainsi qu'au manque réel d'opportunités susceptibles de « changer nos vies d'artistes ». Nous comprenons que toute organisation artistique se doit de compléter son financement public par des contributions philanthropiques privées, mais nous croyons que ce type de bourse ne devrait pas être aussi rare et ne devraient jamais être financé par un génocide.

Oui nous sommes pauvres.
Oui, nous manquons de financement.
Mais nous ne pouvons tout de même pas accepter d'être complices.



DANS QUEL CONTEXTE CELA S’INSCRIT-IL ?

Depuis plus de 700 jours, Israël se livre à une intensification du génocide contre les Palestinien.ne.s. Alors que les rapports officiels font état de plus de 186 000 mort.e.s, des estimations récentes indiquent que le nombre de personnes assassinées par Israël depuis octobre 2023 pourrait dépasser les 680 000 (30). À cela s'ajoute également un nombre élevé de personnes luttant pour leur survie à Gaza, sans toit, sans nourriture, sans eau et sans médicaments (31). Pendant ce temps, les Palestinien.ne.s en Cisjordanie continuent de subir des incursions militaires et des attaques de colons armés, des arrestations arbitraires et des incarcérations prolongées (y compris pour des enfants) (32). Au cours des deux dernières années, nous avons été témoins de la complicité de nos institutions et de nos gouvernements dans ce génocide. L'ampleur de cette complicité s'est manifesté tant par le financement militaire et l'envoi d'armemement, que par le renforcement massif des mesures policières et des services de sécurité privés contre les manifestations étudiantes en faveur de la Palestine, comme nous l'avons vécu ici même, à l'Université Concordia (33, 34).

Si nous appelons à ce boycott aujourd'hui, ce n'est pas uniquement parce que le degré de violence actuel de la part d'Israël est insupportable, bien que ce soit le cas. Israël est un État d'apartheid construit sur des terres volées et nous refusons de normaliser le maintien de l'occupation de la Palestine qui dure depuis maintenant plus de 75 ans.



QU’EST-CE QUE LE ARTWASHING ?

Le terme artwashing (ou blanchiment par l'art) désigne l'utilisation des arts et de la culture pour masquer la violence des États et des entreprises privées. En investissant des sommes modestes auprès de secteurs créatifs sous-financés, les gouvernements et les entreprises peuvent redorer leur image en passant pour de généreux donateurs soutenant la culture. Ils détournent ainsi l'attention des violences et des placements nécessaires pour accumuler du capital, exploiter les ressources et s'emparer des terres.

« Israël utilise ouvertement la culture comme une forme de propagande pour blanchir, ou artwasher, son génocide à Gaza et son régime colonial sous-jacent de colonialisme, d'apartheid et d'occupation militaire du peuple palestinien autochtone. Le génocide perpétré par Israël comprend la destruction délibérée de sites archéologiques et du patrimoine culturel à travers Gaza. » (35



QU’EN EST-IL DES ANCIEN.NE.S RÉCIPIENDAIRES DE LA BOURSE BRONFMAN ?

Cette initiative ne vise en aucun cas nos collègues qui ont déjà reçu la bourse Bronfman. Il n'y avait pas de mobilisation collective au moment où ils.elles ont posé leur candidature. Nous nous concentrons plutôt à bâtir un refus collectif de la part des futur.e.s candidat.e.s potentiel.le.s. Nous sommes en mesure de faire un choix, ensemble, et notre capacité d'action collective est exponentiellement plus efficace que ceux d'un individu refusant discrètement de poser sa candidature. À l'avenir, nous ne pouvons ignorer ce que la participation à ce prix implique. Les perceptions entourant cette bourse sont en train de changer, tant au sein des institutions que dans la communauté artistique en général.

Nous avons mené nos démarches auprès d'ancien.e.s lauréat.e.s. Ces échanges nous ont permis de comprendre que recevoir ce prix a des conséquences importantes sur le plan moral et professionnel.

Certain.e.s ancien.ne.s récipiendaires nous on partagé que :
  • Iels ne savent pas comment procéder sachant maintenant qu'iels possèdent plus d'informations;
  • Iels n'auraient pas postulé s'iels avaient connu l'ampleur de la violence associée à cette bourse;
  • La stabilité financière offerte par ce prix est limitée. Et se pose en contradiction directe avec les valeurs décoloniales et environnementales véhiculées par leurs pratiques et leurs communautés;
  • Les complications morales liées à l'acceptation de ce prix les accompagnent au-delà du soutien financier à court terme. 



QUE PUIS-JE FAIRE ?

  • Signez la déclaration pour boycotter ce prix
  • Diffuser cette campagne de mobilisation et aidez-nous à partager l'information sur le rôle complice du monde de l'art dans ce génocide.
  • Faites un don auprès de collectifs palestiniens :